Aujourd’hui, des personnes partout au pays parlent de la santé mentale. Que ce soit pour tendre la main à un·e ami·e ou pour se reconnecter avec leur propre état de référence, des journées comme celle-ci rappellent que le soutien existe et que même de petits mots peuvent avoir un réel impact.
Pour moi, ces moments sont puissants, car j’ai pu constater de première main ce que cela signifie lorsqu’une personne se sent réellement entendue. En tant qu’intervenant·e en Premiers soins en santé mentale, une partie de ma formation a consisté à apprendre à écouter, poser les bonnes questions et orienter les personnes vers le soutien dont elles ont besoin. La formation ne me fournit pas toutes les réponses, mais elle me donne la confiance nécessaire pour être présent·e, poser des questions et accompagner l’autre.
La sensibilisation est la première étape : elle ouvre la porte. Mais ce sont les compétences, la pratique et le courage de parler et d’écouter qui maintiennent cette porte ouverte. C’est exactement ce que les premiers soins en santé mentale enseignent. Grâce à cette formation, je me sens capable d’engager des conversations qui peuvent sembler intimidantes ou inconfortables, et je sais que les mots que je choisis ont de l’importance.
Parfois, il suffit simplement de demander : « Ça va ? » ou de remarquer qu’une personne semble plus silencieuse que d’habitude. D’autres fois, il s’agit d’explorer avec délicatesse sur quoi ou sur qui quelqu’un·e s’appuie lorsque les choses deviennent lourdes. La formation m’apporte les outils nécessaires, mais des moments comme celui d’aujourd’hui me rappellent pourquoi ils comptent. Ils montrent que les mots ont du pouvoir et que les conversations peuvent être le point de départ de quelque chose de réel.
Je suis reconnaissant·e pour des initiatives comme Bell Let’s Talk, qui créent des espaces pour ces conversations importantes et contribuent à faire progresser la santé mentale dans nos communautés. La sensibilisation à la santé mentale ne devrait pas se limiter à une seule journée. Un langage sécuritaire, le soutien et le processus de désapprentissage devraient faire partie intégrante de notre quotidien. Aujourd’hui peut déclencher la conversation, mais le véritable impact se produit lorsque nous continuons à écouter, agir et être présent·e·s les un·e·s pour les autres. C’est ainsi que se construit la compréhension, que le stigma diminue et que la santé mentale devient une responsabilité partagée, une conversation à la fois.