Basé à Eskasoni, au Cap-Breton, Clark s’est d’abord impliqué dans le programme en travaillant comme agent de soutien culturel auprès des survivants des pensionnats. Il se souvient avoir été invité à servir d’Aîné lors d’une formation précoce. Sa réponse a été simple : « D’accord, je vais essayer. » Ce qui a commencé comme une seule occasion s’est transformé en plus d’une décennie de facilitation des Premiers soins en santé mentale : Premières Nations et de soutien aux apprenants dans tout le Canada atlantique.
Lorsque Clark s’est d’abord impliqué, il ne s’était pas vraiment rendu compte à quel point la culture façonnerait son expérience en tant que facilitateur. « Au début, je ne savais pas que ça irait dans cette direction », réfléchit-il. « Je l’ai fait parce qu’on me l’a demandé. » Ce n’est que lorsqu’il a commencé à enseigner qu’il a vu la puissance de réunir l’éducation en santé mentale et les enseignements culturels. En regardant en arrière, il dit : « C’est à ce moment que j’ai vraiment commencé à réaliser à quel point les choses iraient bien si j’intégrais les deux. »
Ce lien entre la santé mentale et la culture reste au cœur de son travail aujourd’hui. Pour Clark, Premiers soins en santé mentale : Premières Nations, c’est bien plus qu’un cours. C’est une occasion de partager des enseignements qui soutiennent le bien-être tant individuel que communautaire. « Quelle meilleure façon d’apporter la culture à son peuple que par un cours comme les Premiers Soins en Santé Mentale? » dit-il. « Ça aide notre mode de vie. »
En tant qu’Aîné, Clark comprend le bien-être comme quelque chose qui va au-delà de l’individu. Cette vision holistique se reflète dans l’approche de Premiers soins en santé mentale : Premières Nations, où la relation entre soi, la culture, la communauté et le bien-être mental sont mis en avant.
Selon son expérience, les apprenants repartent avec des outils pratiques qui les aident à soutenir les autres lorsqu’ils traversent des difficultés. Plutôt que de se sentir incertains ou d’éviter les situations difficiles, les participants gagnent la confiance d’agir. Commele dit Clark : « Au lieu de rester bloqué et de ne pas savoir quoi faire, ou d’éviter les gens qui souffrent de problèmes de santé mentale, tu peux te lever et aider. »
Selon lui, ce qui rend la formation efficace, c’est son accessibilité. Le cours ne repose pas sur ce que Clark appelle « les grands mots, les mots des docteurs ». Au lieu de cela, les concepts sont expliqués d’une manière que les gens peuvent comprendre et appliquer dans leur vie quotidienne. L’impact de cette approche continue de le marquer. Récemment, une infirmière qui avait suivi l’un de ses cours s’est arrêtée pour le remercier, partageant que c’était la première formation à laquelle elle avait assisté qui « incluait les enseignements culturels du début à la fin ».
Ces enseignements ne sont pas réservés à une seule section du cours. Ils sont présents dès l’arrivée des apprenants. Chaque jour commence par un smudge et une prière, comme l’explique Clark, « pour inviter nos esprits à nous aider ». À la fin de la journée, les participants se réunissent en cercle de partage où ils sont encouragés à réfléchir à ce qui les a marqués, à identifier leurs « révélations » et à discuter de toute préoccupation ou émotion qui aurait pu surgir.
Pour Clark, ces moments de réflexion sont essentiels. Les conversations sur la santé mentale, la consommation de substances et les défis communautaires peuvent être difficiles, et il croit qu’il est important que les gens aient l’occasion de traiter ce qu’ils ont appris ensemble. À la fin de la journée, dit-il, les participants ont déjà commencé à faire le bilan de leurs expériences et à apprendre les uns des autres.
Tout au long de notre conversation, un thème est revenu encore et encore : le respect. Clark voit le respect comme le fondement du bien-être mental et des communautés saines. À son avis, le respect commence non pas avec les autres, mais avec nous-mêmes. « Si tu veux avoir du respect pour quelqu’un, tu dois d’abord te respecter toi-même », dit-il.
Il croit que les Premiers Soins en Santé Mentale : Premières Nations aident les apprenants à se reconnecter à cette compréhension par la culture, les traditions et l’autoréflexion. Le cours, explique-t-il, est enseigné « par les traditions et la culture » et essayer de l’enseigner autrement signifie « tu t’en éloignes ». Ces enseignements aident les gens à mieux se comprendre et à comprendre comment ils peuvent contribuer au bien-être de ceux qui les entourent.
Cette compréhension est aussi ce qui motive la vision de Clark pour le changement communautaire. Au fil des ans, il a vu comment de petits changements chez les individus peuvent créer des changements plus importants dans une communauté. « Ce que nous essayons d’inculquer aux gens que nous enseignons, c’est le fait que nous, en tant qu’individus, sommes ceux qui peuvent améliorer les choses », dit-il. Le vrai changement commence quand les gens prennent la responsabilité de leur propre croissance. « Si tu veux un changement dans ta communauté, tu dois changer. » À partir de là, l’impact s’étend vers l’extérieur. Les amis le remarquent. Les familles le remarquent. Les communautés le remarquent. « Après un certain temps », dit Clark, « la communauté change et s’améliore. »
Maintenant, plus de dix ans après avoir dit « oui » pour devenir facilitateur des Premiers Soins en Santé Mentale : Premières Nations, Clark continue d’enseigner plusieurs cours chaque année. Sa longévité témoigne non seulement de son dévouement, mais aussi du besoin continu d’une éducation en santé mentale ancrée dans la culture dans les communautés des Premières Nations.
Lorsqu’on lui demande ce qui guide son travail, Clark offre un enseignement qui capture à la fois son rôle d’Aîné et son approche pour soutenir les autres. Avant de parler, il encourage les gens à se poser la question : « Est-ce que ça va faire du mal à cette personne? Est-ce que ça va faire du mal à quelqu’un près de cette personne? » Si la réponse est oui, dit-il, « ne le dis pas ». Au lieu de cela, concentre-toi sur ce qui va aider.
Alors que nous célébrons le jalon des dix ans de Clark en tant que facilitateur des Premiers soins en santé mentale : Premières Nations, nous honorons les connaissances, la compassion et les enseignements culturels qu’il continue de partager dans chaque cours qu’il offre. Son histoire nous rappelle que le soutien en santé mentale commence par nous comprendre nous-mêmes, nous soutenir les uns les autres et renforcer les communautés que nous appelons chez nous.
Après une décennie de facilitation, la leçon qui reste au cœur de son travail est à la fois simple et profonde : « Tant que tu es en paix avec toi-même, tu es en paix avec les autres. Ça fait de toi une meilleure personne. »